La chaux sodée, ou scrubber, joue un rôle essentiel en plongée en recycleur, puisqu’elle est responsable de l’élimination du dioxyde de carbone du gaz respiré par le plongeur. De petits granulés ou pellets absorbent le dioxyde de carbone expiré et laissent passer l’oxygène. Ce processus chimique permet aux recycleurs de recycler l’air expiré, de limiter la consommation de gaz et de prolonger la durée des plongées. Une fois saturée, la chaux sodée doit être éliminée. Les méthodes d’élimination peuvent varier selon la région (en fonction des réglementations locales) ainsi que selon la composition chimique du scrubber usagé. Les recommandations des fabricants sont souvent contradictoires et peuvent indiquer : « Utiliser une installation industrielle agréée pour l’élimination des déchets. Éliminer les déchets conformément aux lois et réglementations locales et fédérales », ou encore : « Peut être éliminé dans une décharge de déchets ménagers ». La connaissance de la chaux sodée et de ses composants chimiques est essentielle, tant pour une plongée en recycleur sécuritaire que pour une pratique respectueuse de l’environnement.
Comment fonctionne le scrubber ?
La chaux sodée, le matériau de scrubber le plus courant, est composée d’un mélange d’hydroxyde de calcium et d’hydroxyde de sodium. Lorsque le plongeur expire, le dioxyde de carbone circule dans la boucle à travers la cartouche de chaux sodée, qui contient des pellets ou des granulés d’hydroxyde de calcium et d’hydroxyde de sodium. Le dioxyde de carbone de l’air expiré réagit alors avec les ions hydroxyle pour former des ions bicarbonate. Ces ions bicarbonate réagissent avec l’hydroxyde de calcium et produisent du carbonate de calcium ; au cours de ce processus, le carbonate de calcium reste piégé dans la chaux sodée, tandis que les ions hydroxyle utilisés sont régénérés et peuvent continuer à réagir avec davantage de dioxyde de carbone. Plusieurs facteurs — notamment le type et la taille des particules, la température de l’eau et la charge de travail du plongeur — peuvent influencer la durée de vie de la chaux sodée.
Après une utilisation prolongée, la chaux sodée devient « saturée » en carbonate de calcium et doit être remplacée. L’hydroxyde de sodium résiduel présente un pH élevé lorsqu’il est dissous dans l’eau, mais avec le temps, il se dissout et se neutralise en réagissant avec des acides pour former de l’eau et des sels.
Le problème de l’élimination de la chaux sodée
En raison des produits chimiques impliqués, l’élimination de la chaux sodée doit être effectuée avec précaution. En consultant les fiches de données de sécurité des fabricants, elle est souvent classée comme « déchets inorganiques contenant des substances dangereuses ». L’hydroxyde de calcium peut nuire à la vie marine et aux écosystèmes s’il est simplement rejeté dans l’eau — une pratique malheureusement encore signalée, par exemple sur certains liveaboards (bateaux de croisière-plongée). Le Traité international pour la prévention de la pollution par les navires (MARPOL), auquel les États-Unis ont adhéré, interdit le rejet de tout déchet « dans l’eau à partir d’un navire se trouvant sur un lac, une rivière, un cours d’eau ou dans les eaux côtières jusqu’à 3 milles marins du rivage ». (Garbage Disposal Laws Fact Sheet, National Marine Manufacturers Association)
Aux États-Unis, la chaux sodée usagée est trop souvent considérée à tort comme non dangereuse. Selon la composition chimique exacte du matériau de scrubber usagé, son élimination avec les déchets municipaux ordinaires peut donc être à la fois illégale et néfaste pour l’environnement. Bien qu’un scrubber entièrement utilisé soit théoriquement composé uniquement de carbonate de calcium non dangereux, ce n’est généralement pas le cas, ce qui signifie qu’il peut contenir de l’hydroxyde de sodium toxique pour l’environnement et ne pas être adapté à une élimination municipale classique. Conformément aux réglementations strictes, l’hydroxyde de sodium est considéré comme un déchet dangereux et doit être éliminé correctement dans un site local de collecte des déchets dangereux, généralement situé à proximité des sites d’enfouissement. Selon le Code of Federal Regulations des États-Unis (CFR, Titre 40, Partie 261), il incombe en dernier ressort au producteur du déchet potentiellement dangereux (dans ce cas, le plongeur en recycleur) de s’assurer de son élimination conformément à toutes les réglementations locales, étatiques et fédérales.
Le plongeur en recycleur qui plonge dans différents lieux doit s’assurer de bien comprendre toutes les lois et pratiques applicables dans chaque juridiction où il génère, entrepose et élimine des déchets potentiellement dangereux.
Meilleures pratiques
Quelle que soit votre localisation, certaines bonnes pratiques s’imposent. Suivez toujours les directives d’élimination fournies par le fabricant de la chaux sodée ou du recycleur et assurez-vous que cette méthode respecte toutes les lois locales, régionales et fédérales en matière d’élimination des déchets. Ne jetez jamais la chaux sodée usagée dans l’eau. Même si les fabricants de recycleurs et de chaux sodée peuvent fournir des recommandations, il incombe en définitive au plongeur de déterminer si la chaux sodée usagée est considérée comme un déchet dangereux ou si elle peut être éliminée avec les déchets municipaux, et de s’en débarrasser conformément à toutes les lois et réglementations en vigueur.
