Plongeur et médecin légiste – PROFIL DE MEMBRE
Ville d'origine : Winston-Salem, Caroline du Nord
Âge : 52
Années de plongée : 38
Pourquoi je suis membre de DAN : Aucune autre organisation n’existe uniquement pour protéger la santé et la sécurité des plongeurs loisir dans le monde. Je bénéficie de la protection offerte en cas d’accident de plongée, ainsi que de la recherche qui aide la communauté mondiale des plongeurs à pratiquer notre passion en toute sécurité.
En tant que passionné de plongée, qui enseigne et travaille dans le monde de la plongée sous-marine et est engagé dans le service communautaire et l’amélioration de la sécurité, je côtoie souvent des personnes remarquables, comme Craig Nelson, MD. Médecin légiste adjoint en chef et directeur du programme de spécialisation en médecine légale au sein du N.C. Office of the Chief Medical Examiner, Nelson consacre sa vie à élucider les circonstances des rares tragédies liées à notre activité, tout en s’impliquant dans le service à la communauté et l’éducation à la sécurité publique.
Pour Nelson, la plongée n’est pas simplement un loisir ; c’est le socle de tout ce qu’il fait. À 52 ans, il cumule près de quatre décennies passées sous la surface. Qu’il soit au bord d’une piscine, en train de marcher le long d’un rivage ou de s’équiper sur un bateau, il ressent le besoin de s’immerger
« L’eau exerce une attraction presque gravitationnelle sur moi », explique-t-il. Cette attraction a commencé à l’adolescence, lorsqu’il grandissait à Winston-Salem, en Caroline du Nord, et qu’il a obtenu sa certification de plongée avec son père et son frère. Les séances en piscine ont suffi à le captiver pour la vie, et ses premières plongées en carrière, dans les eaux troubles de Caroline du Nord, lui semblaient aussi exotiques qu’une autre planète.
Rencontres mémorables
Nelson se dit reconnaissant envers son épouse, Kelly, sa famille, l’Our World-Underwater Scholarship Society et toutes les personnes qui ont jalonné son parcours. Ce chemin est marqué par de nombreuses rencontres inoubliables, notamment lorsqu’il s’est retrouvé face à face avec un phoque léopard au large de la péninsule Antarctique au printemps dernier.
« Rencontrer un prédateur au sommet de la chaîne alimentaire dans des eaux glaciales, au large du continent le plus isolé au monde, a changé ma vision de l’Antarctique », explique-t-il. « Ce n’est plus seulement un lieu découvert dans les livres ou les films ; c’est un endroit où je peux retourner mentalement à tout moment. »
D’autres souvenirs sont profondément liés à son engagement au service des autres. Pendant ses années au sein de l’équipe de plongeurs sauveteurs et de la police de San Diego, en Californie, ainsi qu’en tant que médecin légiste adjoint à San Diego, il a travaillé aux côtés de professionnels pour récupérer des corps, apporter des réponses aux familles endeuillées et contribuer aux enquêtes médico-légales.
Lorsque les occasions de plonger ne sont pas toujours à portée de main, comme chez lui à Raleigh, en Caroline du Nord, il reste actif en restaurant et en utilisant du matériel ancien, notamment son précieux casque Mark V de la marine américaine.
« Peu importe ce que je fais sous l’eau, j’aime simplement y être », confie Nelson.

De la plongée à la médecine légale
Lorsqu’il a choisi sa voie en médecine, Nelson explique qu’aucune spécialité ne l’avait initialement particulièrement attiré. L’obtention de la bourse Our World-Underwater en 1996 lui a permis d’explorer la biologie marine, la médecine hyperbare, la plongée de sécurité publique, la photographie sous-marine et bien plus encore. À cette époque, son travail avec Walter « Butch » Hendrick et Andrea Zaferes, de Lifeguard Systems, l’a amené à s’interroger sur le devenir des corps dans l’eau ainsi que sur les accidents mortels en plongée. C’est ce qui l’a finalement orienté vers la médecine légale.
De ses études de médecine à l’université Wake Forest en Caroline du Nord à son internat à Tucson, en Arizona, puis à sa spécialisation à San Diego, il a suivi ce fil conducteur lié aux décès en milieu aquatique tout en se formant dans un domaine plus large. Il a contribué à relancer le Diver Death Review Committee à San Diego afin de renforcer la coopération entre agences et améliorer la sécurité des plongeurs au niveau local. Il est finalement retourné en Caroline du Nord, où il s’est impliqué dans des programmes de sécurité et de recherche au siège de Divers Alert Network, à Durham.
« Si je dois résumer ma carrière », dit-il, « je ne suis pas un médecin légiste qui plonge. Je suis un plongeur qui exerce la médecine légale.


À la croisée de deux mondes
Le travail de Nelson ressemble à celui de tout autre médecin légiste : il réalise des autopsies dans des cas d’homicides, d’accidents et d’autres types de décès. Mais l’eau finit toujours par revenir au cœur de ses dossiers. Il est souvent confronté à des noyades et à des décès liés à l’eau, et met à profit son expertise de plongeur pour les interpréter avec précision. Lorsque des décès liés à la plongée surviennent en Caroline du Nord, Nelson peut être directement impliqué dans l’examen des cas ou intervenir en tant que consultant auprès de ses collègues.
Ses connaissances l’amènent également devant les tribunaux, où il intervient comme expert dans des affaires liées à la plongée et aux noyades. Il collabore étroitement avec DAN dans le cadre d’analyses de décès de plongeurs afin d’en comprendre les causes et de renforcer la culture de la sécurité en plongée.
Nelson continue également de transmettre son expérience au sein de l’Our World-Underwater Scholarship Society, où il occupe désormais le rôle de conseiller médical. Avec Kelly, il accueille souvent de jeunes boursiers pour des aventures de plongée utilisant certains de leurs équipements uniques et fascinants.
Victoires discrètes
Lorsqu’il évoque la sécurité en plongée, Nelson devient pensif. « Les contributions les plus importantes en plongée ne sont pas les sauvetages spectaculaires ni les découvertes scientifiques médiatisées », explique-t-il. « Ce sont les victoires silencieuses et invisibles : le plongeur qui se souvient d’une règle de sécurité, l’applique et évite une tragédie. Ces moments invisibles sont les contributions les plus précieuses que chacun d’entre nous puisse apporter à la communauté des plongeurs. »
Nelson ne voit pas la plongée comme une simple passion. Pour lui, c’est une responsabilité qui fait le lien entre science, service et sécurité. En tant que plongeur et médecin légiste, il s’engage à ce que chaque plongeur puisse rentrer chez lui sain et sauf.
© Alert Diver – Q4 2025