Après l'accident

Comme les sauvetages physiques, les premiers secours psychologiques sont une stratégie dynamique et adaptative permettant d'apporter à une personne les soins dont elle a besoin dans le contexte de sa situation. STEPHEN FRINK

Gestion des incidents critiques et de leur impact sur les plongeurs

NOUS SOUHAITONS TOUS QUE CHAQUE PLONGÉE se déroule sans incident ni accident. Malheureusement, ce n'est pas toujours la réalité. Les accidents arrivent et, lorsqu'ils surviennent, rares sont ceux qui en sortent totalement indemnes, que ce soit sur le plan physique, mental ou émotionnel.

Être impliqué dans un événement traumatisant peut affecter toutes les personnes concernées : les professionnels de la plongée ou les plongeurs sauveteurs qui effectuent un sauvetage, les secouristes non professionnels qui pratiquent la RCP ou prodiguent les premiers secours, ainsi que les binômes ou les témoins de l'incident. Avec le temps, certaines personnes se remettent de l'événement et n'en gardent que peu de séquelles à long terme. Pour d'autres, le traumatisme s'estompe mais demeure présent sous forme de souvenir, pouvant encore susciter des émotions, des pensées ou des réactions intenses, bien que passagères, lorsqu'elles s'en remémorent.

Un incident grave, prolongé ou mettant la vie en danger peut entraîner chez certaines personnes des effets qui persistent pendant des mois, voire des années. Lorsque certains symptômes durent au moins un mois, un professionnel de santé peut poser un diagnostic de trouble de stress post-traumatique (TSPT). Selon le National Center for PTSD, environ la moitié des adultes aux États-Unis vivront au moins un événement traumatisant au cours de leur vie, et environ 6 % développeront un TSPT.

Les plongeurs impliqués dans des incidents critiques peuvent subir des répercussions psychologiques.
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Les personnes qui s'exposent à un danger peuvent en subir les conséquences tant sur le plan physique que psychologique.
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Que le traumatisme provoque des réactions temporaires ou qu'il évolue vers un TSPT diagnostiqué, il existe généralement deux grandes approches pour y faire face : les méthodes informelles et les méthodes formelles.

Les approches informelles comprennent des activités aussi simples que partager un repas ou prendre un café avec un binôme de plongée, un membre de sa famille ou une personne impliquée dans l'événement afin d'en parler. Ces échanges permettent souvent de mieux assimiler ce qui s'est passé et peuvent suffire à surmonter les conséquences de l'incident. Si vous êtes à l'écoute d'une personne concernée, essayez d'éviter de l'interrompre ou de raconter vos propres expériences. Le moment venu, vous pouvez reconnaître sa détresse avec des phrases telles que : « Ce que tu as vécu est vraiment difficile » ou « Tu traverses une période particulièrement éprouvante. »

La chose la plus importante à retenir est que chacun reçoit le soutien des autres de manière différente. Faites de votre mieux pour être l'écoute dont cette personne a besoin.

Prendre soin de soi est également essentiel. Il est normal de ne pas aller bien, et reconnaître cette réalité constitue la première étape vers le rétablissement. Adopter une alimentation saine et équilibrée, rester bien hydraté et pratiquer une activité physique peuvent apporter un réel bénéfice. Réduire la consommation de caféine, d'alcool et d'autres substances non prescrites peut également être utile. Un repos suffisant est tout aussi important. Certaines personnes trouvent aussi bénéfique de conserver ou de mettre en place au moins une activité porteuse de sens chaque jour, comme un loisir.

Il arrive toutefois qu'un accompagnement plus structuré soit nécessaire, sous la forme d'un suivi individuel ou de groupe avec un psychologue ou un thérapeute agréé. Ce type d'accompagnement peut se limiter à une ou deux séances ou s'inscrire dans la durée.

Dans certains cas, les premiers secours psychologiques (PSP) constituent une étape intermédiaire. À l'image des premiers secours classiques, ils visent à apporter une première intervention afin de réduire la détresse immédiate et d'évaluer la nécessité d'une prise en charge complémentaire. Plusieurs approches existent, notamment le modèle RAPID, développé par George S. Everly Jr., PhD, à l'Université Johns Hopkins, ou encore le Critical Incident Stress Management (CISM), conçu par Jeffrey T. Mitchell, PhD, de l'Université du Maryland. 

Les témoins ne sont pas à l'abri des répercussions psychologiques d'un incident critique.
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Seuls des intervenants formés et certifiés devraient administrer de l'oxygène d'urgence et dispenser les premiers secours psychologiques aux personnes qui en ont besoin.
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Le modèle RAPID (Reflective listening, Assessment of needs, Prioritization, Intervention and Disposition — écoute réflexive, évaluation des besoins, priorisation, intervention et orientation) permet aux intervenants de crise, même sans formation spécialisée en santé mentale, de participer à la mise en œuvre des premiers secours psychologiques. Il repose sur cinq étapes :

  • Établir une relation de confiance avec la personne grâce à une écoute réflexive.
  • Évaluer ses réactions cognitives, émotionnelles, comportementales, physiologiques et spirituelles afin de mesurer l'impact de l'incident.
  • Identifier les personnes les plus affectées afin de prioriser les interventions.
  • Mettre en œuvre l'intervention auprès des personnes qui en ont besoin
  • Évaluer la situation de la personne ainsi que l'efficacité globale de l'intervention.

Un autre aspect essentiel consiste à reconnaître que lorsqu'un secouriste non professionnel ne parvient pas à gérer ou à atténuer les réactions préoccupantes observées, il est impératif d'orienter la personne vers un niveau de prise en charge plus spécialisé. 

Le Critical Incident Stress Management (CISM) est une séance de groupe animée par un professionnel qualifié, accompagnée d'un ou plusieurs intervenants. Dans le contexte de la plongée, le groupe peut comprendre un professionnel de la plongée apportant son expertise sur les circonstances de l'événement, tandis que le spécialiste du CISM conduit le processus de débriefing. L'objectif principal est de fournir des premiers secours psychologiques permettant aux personnes impliquées de mieux faire face au stress, de renforcer leur résilience et de favoriser leur rétablissement.

La séance de CISM réunit un petit groupe de personnes ayant été impliquées dans l'incident critique et qui ne participent plus aux opérations d'intervention. Tous les participants doivent être psychologiquement prêts à prendre part au débriefing et suffisamment reposés. Elle se tient entre 24 et 72 heures après l'incident, lorsque toutes les interventions liées à l'événement sont terminées et que la documentation a été complétée. 

Quelle que soit la méthode utilisée pour surmonter les conséquences d'un incident traumatisant, que vous en ayez été victime ou témoin, demander de l'aide est une étape essentielle. Il n'y a aucune honte à solliciter du soutien et à exprimer ses besoins après un événement traumatisant. Cela vous aidera à surmonter le traumatisme psychologique et à reprendre progressivement vos activités habituelles, y compris la plongée.

© Alert Diver - Q4 2022