Le Center for Research and Education in Special Environments (CRESE), à l’Université de Buffalo (New York), se trouve à l’avant-garde de la recherche en physiologie environnementale. Le centre étudie l’impact de divers facteurs de stress environnementaux sur la santé et la performance humaines. Dirigé par une équipe engagée, dont le chercheur principal Hayden Hess, PhD, le CRESE joue un rôle clé dans la compréhension des pathologies liées à la plongée, du stress thermique et d’autres risques professionnels affectant des populations vulnérables, notamment le personnel militaire et les premiers intervenants. Le CRESE possède une riche histoire et des installations de recherche uniques qui associent des technologies de pointe à des applications concrètes, notamment pour les plongeurs et les travailleurs exposés à des conditions environnementales extrêmes.
Le parcours de Hess vers le CRESE illustre parfaitement la rencontre entre passion et vocation scientifique. Issu du domaine de la médecine sportive et du conditionnement physique, son intérêt pour la plongée l’a conduit vers une carrière centrée sur la physiologie environnementale. De ses débuts en médecine sportive à sa découverte de la médecine hyperbare et de la plongée au Honduras, son cheminement a été guidé par sa curiosité et son engagement à améliorer la santé dans des environnements exigeants. Ses principaux axes de recherche incluent la physiologie thermique, la physiologie rénale, la déshydratation, ainsi que les effets des expositions hyperbares et hypobares, en plongée comme en altitude. Hess et les chercheurs du CRESE ne se contentent pas d’étudier les effets des contraintes environnementales sur l’organisme : ils forment également la prochaine génération de scientifiques qui poursuivront ces travaux essentiels.


Quel est votre parcours ?
Ma formation est en médecine sportive et en préparation physique. J’ai étudié à Washington State University en premier cycle, où j’ai complété le programme de formation en soins sportifs. J’ai ensuite obtenu une maîtrise en kinésiologie à Boise State University. Mon directeur de maîtrise était plongeur et organisait un cours de physiologie hyperbare comprenant un voyage d’études à Roatan, au Honduras. C’est là que j’ai découvert la médecine hyperbare et participé à des projets de restauration récifale. Je suis tombé amoureux du milieu sous-marin.
En recherchant un programme doctoral, j’ai découvert le CRESE et rencontré Dave Hostler, qui m’a encadré. J’ai ensuite occupé un poste postdoctoral à Indiana University afin de mener des recherches approfondies en physiologie environnementale. Finalement, je suis revenu ici en tant que chercheur principal, où je mène des recherches en plongée et en hyperbarie, tout en étudiant l’impact du stress thermique en milieu professionnel.
Pourquoi ce type de recherche vous passionne-t-il ?
J’aime poser des questions et identifier les lacunes dans les connaissances. Dans les milieux militaire et professionnel, il existe des problématiques liées à la santé, à la sécurité et à la performance. Je peux étudier ces questions en laboratoire et chercher des réponses susceptibles d’orienter les politiques ou de fournir des informations utiles à ces populations pour améliorer leur santé et leurs performances.
Quelle part de vos travaux concerne spécifiquement la plongée ?
Le CRESE est une plateforme complète dédiée aux environnements extrêmes. Environ la moitié de nos recherches concerne la plongée ou l’exposition hyperbare. L’autre moitié porte sur le stress thermique — chaleur et froid — ainsi que sur les expositions hypobares ou en altitude.


Qu’est-ce que l’Université de Buffalo, et plus particulièrement le CRESE, offre d’unique ?
Nous disposons d’un vaste complexe environnemental comprenant deux éléments uniques. Lors de la construction d’une centrifugeuse humaine dans les années 1970, l’université a ingénieusement utilisé de l’eau plutôt que du béton pour créer un mur de soutènement, transformé ensuite en piscine circulaire. Une grande partie de nos premiers travaux au CRESE portait sur le développement d’équipements de plongée et de protection thermique. Nous disposons également d’un caisson hyperbare pouvant être rempli d’eau d’un côté, ce qui permet de placer un plongeur en environnement hyperbare tout en conservant un contrôle expérimental rigoureux.
Où voyez-vous l’application de vos recherches ?
Le financement du Office of Naval Research est essentiel au CRESE, et une grande partie de nos travaux vise à améliorer la performance et les capacités des soldats et des plongeurs de la U.S. Navy. Nos recherches contribuent également à une meilleure compréhension de la physiopathologie de la plongée à plus large échelle.
Comment formez-vous les chercheurs en hyperbarie ?
En tant que chercheurs et enseignants à l’Université de Buffalo, il est de notre responsabilité de former la prochaine génération de scientifiques. Certains sont plongeurs et ont des questions liées à la plongée, mais ce n’est pas indispensable. Nos études couvrent un large éventail de conditions : environnements hyperbares secs, immersion partielle en surface, plongée au fond de la piscine pour plongeurs et non-plongeurs. Nous accueillons des chercheurs motivés et curieux, que nous formons à toutes les étapes : recrutement, suivi des participants, collecte et analyse des données, puis valorisation des résultats.
Nos stagiaires restent généralement entre deux et cinq ans. Les cohortes deviennent très soudées et entretiennent des liens durables, même après leur départ. Nous nous retrouvons souvent lors de congrès scientifiques. Nous veillons à créer un environnement accueillant, stimulant et agréable, même lors de travaux exigeants.
L’un de nos objectifs principaux est de garder le travail stimulant et plaisant, afin d’entretenir l’enthousiasme de nos chercheurs.
© Alert Diver – Q4 2025