Combinaisons humides et miction

© Frazier Nivens

Les médecins et chercheurs de DAN répondent à vos questions sur la médecine de la plongée

Q : Q : Est-il mauvais d’uriner dans une combinaison humide ?

R: : Les plongeurs ont un dicton : « Il existe deux types de personnes : celles qui urinent dans leur combinaison et celles qui mentent en disant qu’elles ne le font pas. »

Uriner dans une combinaison humide est courant chez de nombreux plongeurs récréatifs et n’est généralement pas nocif lorsque l’exposition est limitée. L’immersion dans l’eau, particulièrement dans l’eau froide, déclenche la diurèse d’immersion, un phénomène qui déplace le sang vers la circulation centrale et augmente la production d’urine. La plupart des plongeurs ressentent cette envie quelques minutes seulement après être entrés dans l’eau. 

Certains plongeurs choisissent de se soulager pendant la plongée plutôt que de se retenir, surtout lors de plongées longues ou en eau froide. Cette pratique peut être raisonnable si la combinaison est nettoyée après la plongée, mais elle comporte aussi quelques considérations, tant pour le plongeur que pour la combinaison.

Se retenir d’uriner pendant toute une plongée peut être inconfortable et augmenter le risque d’irritation de la vessie ou d’infection urinaire. Une vessie pleine peut également devenir une distraction sous l’eau, à un moment où l’attention et le contrôle sont essentiels. Du point de vue du confort et de la sécurité, il est donc compréhensible qu’un plongeur préfère vider sa vessie plutôt que de tolérer une pression et une distraction importantes.

L’urine qui reste en contact avec la peau pendant une période prolongée peut toutefois provoquer une irritation cutanée. Elle contient des composés susceptibles d’altérer la barrière protectrice naturelle de la peau et d’en modifier le pH, ce qui peut entraîner des rougeurs, des démangeaisons ou une éruption cutanée si le contact se poursuit après la plongée. 

Ces mêmes composés peuvent également affecter progressivement le néoprène si la combinaison n’est pas bien rincée, et une exposition répétée peut réduire sa durée de vie. Les plongeurs qui urinent dans leur combinaison devraient l’enlever rapidement après la plongée, rincer leur peau à l’eau douce afin de réduire le risque d’irritation et nettoyer soigneusement la combinaison.

L’ajustement de la combinaison peut aussi poser problème. Les combinaisons très serrées laissent peu d’espace à l’urine pour s’éloigner du corps. Dans certains cas, un plongeur peut commencer à uriner puis s’arrêter avant que la vessie soit complètement vidée, même si l’urètre demeure ouvert, ce qui pourrait théoriquement provoquer un reflux de l’urine vers la vessie en raison de la pression et augmenter le risque d’infection urinaire. Un plongeur qui a de la difficulté à vider complètement sa vessie dans une combinaison trop serrée pourrait avoir intérêt à essayer un modèle offrant un meilleur ajustement.

Les organismes urticants qui peuvent être présents à l’intérieur de la combinaison après des plongées précédentes, ou qui pénètrent par des ouvertures causées par un mauvais ajustement, peuvent entraîner d’autres problèmes. L’urine peut activer de petits hydraires, des larves ou des fragments de méduses et provoquer des irritations ou des marques sur la peau nue. Bien que ce problème soit peu fréquent, rincer régulièrement sa combinaison entre les plongées et s’assurer qu’elle est bien ajustée permet de réduire ce risque.

Une bonne hygiène de la combinaison aide à prévenir les odeurs et les irritations tout en protégeant le matériau. Les pratiques recommandées comprennent le rinçage de l’intérieur et de l’extérieur de la combinaison à l’eau douce après chaque plongée, l’utilisation de produits nettoyants adaptés au néoprène lorsque nécessaire ainsi que le séchage complet de la combinaison avant de la ranger. Les centres de location devraient également disposer de protocoles de nettoyage clairs afin de prévenir toute contamination croisée.


© Alert Diver – Q1 2026