Piqures de poissons-lions sur les plongeurs

Lors du congrès 2013 de l’Undersea and Hyperbaric Medical Society (UHMS), le Dr Dario Gomez, l’un des médecins référents de Divers Alert Network, a présenté 33 cas de plongeurs piqués par des poissons-lions à Cozumel sur une période de trois ans. La majorité des plongeurs blessés (21) participaient à des tournois de régulation des poissons-lions et ont été piqués en manipulant leurs prises ; sept tentaient d’attraper le poisson et seulement cinq ont été piqués accidentellement. Tous ont été piqués à la main.

Le poisson-lion est un magnifique poisson originaire des récifs tropicaux des océans Indien et Pacifique, qui s’est propagé ces dernières décennies dans l’Atlantique. C’est un prédateur qui se nourrit de nombreuses autres espèces et, en l’absence de prédateurs naturels dans l’Atlantique, il constitue une menace pour l’écosystème récifal. Ainsi, dans de nombreuses régions, les plongeurs organisent des tournois de pêche afin de limiter les populations de cette espèce invasive. Les poissons-lions possèdent des épines venimeuses utilisées pour leur défense. Certaines estimations avancent un nombre annuel mondial de 50 000 piqûres de poisson-lion, ce qui les place au second rang après les raies. Ce chiffre semble très élevé, mais le fait que ces poissons soient fréquemment maintenus en aquarium domestique et que les plongeurs les chassent volontairement peut l’expliquer. DAN propose des conseils de sécurité aux plongeurs souhaitant participer à ces tournois.

Les épines du poisson-lion injectent un venin provoquant une douleur brûlante pouvant durer plusieurs jours et pouvant s’accompagner de sueurs, de détresse respiratoire et d’autres symptômes, y compris une paralysie. Le venin est une combinaison de protéines, d’une toxine neuromusculaire et d’un neurotransmitter appelé acetylcholine. Cette toxine est dénaturée par la chaleur, et l’immersion dans de l’eau chaude (45 °C, 114 °F) est une mesure de premiers secours recommandée .

Tous les patients de la série rapportée ont été traités par immersion de la main atteinte dans un bain d’eau chaude non brûlante et par des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Tous ont bien répondu au traitement par eau chaude. En complément, ils ont reçu des soins de la plaie et ont été invités à envisager une prophylaxie antitétanique. Aucune complication n’a été signalée. La piqûre ne semble pas avoir découragé les plongeurs de participer aux tournois de pêche au poisson-lion, puisque neuf d’entre eux ont été piqués plus d’une fois.

Il convient de noter que les piqûres de poisson-lion peuvent avoir des conséquences plus graves chez les jeunes enfants et chez les adultes présentant des pathologies cardiaques ou un système immunitaire affaibli.