LA MÉTÉO, LES SÉDIMENTS EN SUSPENSION, l'heure de la journée ou encore les mouvements de l'eau ne sont que quelques-uns des facteurs naturels pouvant réduire la visibilité sur un site de plongée. La plongée en faible visibilité peut être très agréable, selon les circonstances et votre niveau de confort.

Photo de Stephen Frink

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Pourquoi plonger dans des environnements à faible visibilité ?
Certains plongeurs, comme les plongeurs de sécurité publique, n'ont pas d'autre choix que d'intervenir dans des conditions de faible visibilité. Les plongeurs loisirs, quant à eux, peuvent ne pas avoir accès à une eau claire à proximité, mais souhaitent tout de même plonger. La recherche de trésors, comme les dents de mégalodon lors des plongées blackwater, constitue une aventure stimulante, même pour les plongeurs expérimentés. Enfin, certaines espèces ne sortent qu'à la tombée de la nuit ou lorsque la mer est un peu plus agitée que ce qui est généralement considéré comme confortable.
La plupart de ces situations sont prévisibles. En revanche, la faible visibilité devient particulièrement problématique lorsqu'un plongeur n'y est pas préparé. Toucher un fond vaseux dès la mise à l'eau, ou un simple mauvais coup de palme ou mouvement de main dans un environnement riche en sédiments facilement remis en suspension, peut suffire à faire disparaître toute visibilité.
Quel est le pire scénario ?
Plonger sans rien voir peut être une expérience étonnamment plaisante. Lorsque vous devez vous fier uniquement à votre ouïe et à votre toucher, vous serez surpris de la rapidité avec laquelle votre corps s'adapte à cette nouvelle situation.
En revanche, une perte totale d'orientation peut être particulièrement déstabilisante. Si vous avez peu ou pas d'expérience dans des eaux à faible visibilité et que vous devez soudain y faire face, il est tout à fait possible que la panique s'installe. Or, la panique est l'un des pires ennemis du plongeur. Dans de rares cas, elle peut avoir des conséquences fatales. Heureusement, une bonne préparation et un entraînement adapté permettent de la prévenir.
La règle la plus importante est simple : si vous estimez que les conditions dépassent vos capacités ou que vous ne vous sentez pas prêt à relever le défi, annulez la plongée. Vous pouvez prendre cette décision avant la mise à l'eau ou à n'importe quel moment de la plongée.

Photo by Jill Heinerth
Comment gérer une mauvaise visibilité ?
Le matériel: Si vous savez dès la préparation de la plongée que la visibilité sera limitée, assurez-vous d'avoir le matériel adapté et de savoir l'utiliser avec confiance. Cela peut inclure des lampes de plongée, un flash stroboscopique, un parachute de palier (SMB), des dévidoirs, des moulinets et une boussole.
Les lampes sont précieuses en faible visibilité, mais elles peuvent aussi aggraver la situation. Lorsque l'eau contient de nombreuses particules ou des sédiments en suspension, leur faisceau les éclaire et crée un effet d'éblouissement qui réduit encore davantage la visibilité. Dans ce cas, il peut être préférable d'orienter la lampe légèrement vers le bas plutôt que droit devant soi et, si possible, d'en diminuer la puissance. Un flash stroboscopique constitue un excellent moyen de repérer un point d'entrée ou de sortie. Il peut également être fixé sur votre bouteille afin que votre binôme puisse vous localiser plus facilement en cas de séparation.
Après une séparation, il est naturellement plus difficile de retrouver un plongeur entièrement vêtu de noir — combinaison, cagoule, masque, gants et palmes. Des équipements de couleur vive représentent donc un véritable atout pour la sécurité. Si vous perdez le contact visuel avec votre binôme, appliquez les procédures recommandées par votre organisme de formation. Elles consistent généralement à effectuer une recherche attentive pendant une minute, en utilisant tous vos sens, avant de remonter pour vous retrouver en surface. N'oubliez pas que vous évoluez dans un environnement en trois dimensions : recherchez dans toutes les directions.
Un dévidoir ou un moulinet peut également permettre de retrouver son chemin en toute sécurité, à condition de savoir le déployer et le rembobiner correctement. Les formations de plongée souterraine, en caverne ou sur épave enseignent l'utilisation de ces équipements. Il n'est pas nécessaire de devenir plongeur spéléo pour bénéficier des compétences acquises lors d'un premier cours sur les environnements sous plafond.
Lorsque vous prévoyez une visibilité réduite, prenez également le temps de revoir avec votre binôme des moyens de communication supplémentaires. Les signaux lumineux ou tactiles peuvent devenir votre seul moyen de communiquer.
Les lignes de sécurité: Les équipes de plongée de sécurité publique utilisent souvent une ligne de sécurité reliée à la surface, mais cette technique n'est pas adaptée à la plongée loisir sans la formation appropriée. En revanche, tous les plongeurs peuvent utiliser certaines formes de lignes de sécurité. Une corde de binôme permet notamment à deux plongeurs de rester ensemble. Il s'agit d'une corde relativement courte — suffisamment longue pour permettre les mouvements, mais assez courte pour limiter les risques d'emmêlement — fixée à l'équipement au moyen de mousquetons ou, idéalement, passée en boucle autour du poignet.
La désorientation: Si vous perdez vos repères — que ce soit en cherchant le mouillage du bateau ou en essayant de suivre vos bulles vers la surface lors d'un silt-out — vous devrez compter sur la préparation effectuée avant la plongée. Renseignez-vous soigneusement sur le site avant de vous mettre à l'eau. Identifiez les repères utiles pendant la plongée. Sur une épave, par exemple, mémorisez sa profondeur et celle où est fixée la ligne d'ancrage. Sachez que le retour s'effectue avec la paroi à votre épaule gauche plutôt qu'à votre droite, souvenez-vous de la direction empruntée au départ ou utilisez une boussole pour retrouver votre chemin.
Si vous vous désorientez en eau libre et que vous ne parvenez plus à déterminer en toute sécurité la direction à suivre, assurez-vous de pouvoir signaler votre position à l'équipe de surface. Les procédures de séparation, de signalisation et de récupération devraient toujours faire partie du briefing de sécurité. Vous devez être capable de déployer un parachute de palier en toute sécurité lors d'une remontée imprévue. S'il y a du courant et que les circonstances le permettent, vous pouvez également fixer votre parachute à l'épave ou au site de plongée et remonter le long de cette ligne afin de limiter votre dérive.
Quelle que soit la situation, effectuez une remontée en respectant les vitesses de remontée et vos éventuelles obligations de décompression. La plupart des problèmes pourront être gérés une fois en surface. En cas de véritable urgence nécessitant une remontée rapide, faites-la de la manière la plus sûre possible. N'hésitez jamais à abandonner du matériel non essentiel si cela s'avère nécessaire : perdre un dévidoir, un mousqueton double ou une ceinture de lest est bien moins grave que de se retrouver perdu en mer.
La préparation mentale: Votre meilleur équipement reste votre cerveau. Préparez votre plongée en amont et visualisez mentalement son déroulement avant de vous mettre à l'eau dans des conditions de faible visibilité. Passez en revue les procédures de sécurité avec vos équipiers afin que chacun sache exactement comment réagir. Si votre visibilité devient soudainement très limitée, prenez quelques respirations calmes, analysez vos options et élaborez une stratégie. Savoir que vous êtes capable de gérer une situation difficile vous aidera à rester calme, à éviter la panique et à réduire le risque de blessure lié à une remontée incontrôlée.
Votre zone de confort est propre à chacun. Êtes-vous à l'aise dans une visibilité nulle ? Le serez-vous un jour ? Qu'est-ce qui pousse certains plongeurs à apprécier ce type d'expérience au point de vouloir la revivre ? Si vous n'avez jamais plongé dans ces conditions, cela vaut la peine d'essayer au moins une fois avec une personne expérimentée. Pour certains plongeurs, cette expérience est presque méditative. Et si, après l'avoir tentée, vous n'êtes toujours pas convaincu, vous n'aurez rien perdu. Vous apprécierez d'autant plus les eaux cristallines lors de vos prochaines plongées.
Vous pouvez vous préparer à ce type de situations en suivant des formations spécialisées. Certaines compétences s'acquièrent pendant les cours, tandis que d'autres viennent avec la pratique et l'expérience. Une spécialité de plongée de nuit ou en visibilité réduite, une formation en plongée en caverne ou un cours avancé de plongée sur épave vous prépareront à des situations auxquelles vous n'auriez peut-être pas pensé. Les compétences acquises vous seront utiles dans les eaux troubles et feront de vous un plongeur plus compétent, quelles que soient les conditions.