Outils pour entretenir sa combinaison étanche

Les combinaisons étanches procurent l'isolation nécessaire pour survivre dans des environnements extrêmement froids.© BECKY KAGAN SCHOTT

Les plongeurs évoluent dans un environnement hostile, dépourvu d'air respirable et parfois soumis à des températures extrêmes. Pour survivre dans ces conditions, leur équipement assure le maintien des fonctions vitales tout en isolant le corps afin de contribuer à la régulation de sa température. 

L'eau est plus de 800 fois plus dense que l'air et possède une capacité thermique spécifique quatre fois supérieure. Elle est également beaucoup plus efficace pour évacuer la chaleur d'un objet avec lequel elle est en contact. Concrètement, cela signifie que l'eau absorbe et dissipe la chaleur du corps beaucoup plus rapidement et efficacement que l'air. 

Les combinaisons de protection protègent les plongeurs contre les abrasions et les pertes de chaleur. Les modèles destinés à la plongée loisir vont des combinaisons légères en nylon extensible jusqu'aux modèles en matériaux non néoprène offrant des caractéristiques similaires à celles des combinaisons humides, en passant par les combinaisons humides traditionnelles et les combinaisons étanches. Le choix de la combinaison dépend principalement de la température de l'eau, afin de permettre au plongeur de maintenir une température corporelle normale.

Dans une combinaison humide, le corps réchauffe les bulles d'air emprisonnées dans le néoprène ainsi qu'une fine couche d'eau présente entre la peau et la combinaison. Une combinaison étanche, quant à elle, enferme le plongeur dans une enveloppe imperméable aux gaz. Les sous-vêtements techniques retiennent de l'air dans leurs fibres, assurant ainsi l'isolation thermique. Tant qu'elle ne présente aucune fuite, une combinaison étanche protège beaucoup plus efficacement du froid en empêchant l'eau d'atteindre la peau. 

En cas de fuite, commencez par déterminer où vous êtes mouillé : au niveau du cou et des épaules ? Du haut du bras gauche ? Des poignets ? De la poitrine ou de l'abdomen ? Des cuisses ? Avez-vous de l'eau qui s'accumule dans les bottillons ? Gardez à l'esprit que l'eau peut circuler à l'intérieur de la combinaison : une zone humide n'indique pas toujours l'emplacement réel de la fuite.

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Les débris sont une cause fréquente de défaillance des soupapes de purge des combinaisons étanches. Lors d'un test de mise sous pression, la présence de bulles au niveau de la soupape indique qu'elle est défectueuse. © Rich Silbiger

Test de mise sous pression 

La première étape pour localiser une fuite consiste à réaliser un test de mise sous pression de la combinaison, à la fois à l'endroit et à l'envers. Pour effectuer un test sur la combinaison à l'endroit, une méthode simple consiste à obturer le manchon de cou à l'aide d'un saladier en plastique ou d'un récipient alimentaire fixé avec du ruban isolant en vinyle. Bouchez ensuite les manchons de poignets (sauf si des gants étanches sont installés). Des canettes de soda ou des bouteilles en forme de goutte, munies de leur bouchon et débarrassées de leur étiquette, conviennent particulièrement bien. Fermez la fermeture étanche, réglez la soupape de purge sur la position fermée et raccordez un flexible basse pression afin de gonfler la combinaison jusqu'à ce qu'elle soit bien tendue.

Pour rechercher les fuites, utilisez une solution détergente diluée à raison de 1 volume de détergent pour 100 volumes d'eau. Pulvérisez cette solution sur l'avant et l'arrière de la combinaison à l'aide d'un pulvérisateur et observez l'apparition éventuelle de bulles. N'oubliez pas de vérifier également la fermeture étanche, les soupapes d'inflation et de purge, les manchons, les coutures, les bottillons ainsi que les gants. Marquez les points de fuite avec un crayon gras, puis reportez ces repères sur l'intérieur de la combinaison afin de faciliter la réparation. Rincez ensuite la combinaison à l'eau douce et laissez-la sécher complètement. 

Tester la combinaison à l'envers est un peu plus complexe, car l'accès à la soupape d'inflation se retrouve à l'intérieur. Il faut donc fabriquer un obturateur équipé d'un raccord d'inflation. Un inflateur de gilet stabilisateur ou un raccord pneumatique peut être adapté à cet usage. Retournez la combinaison, insérez les obturateurs dans les manchons des poignets ainsi que celui du cou, puis fermez la fermeture étanche en passant la main par l'ouverture du cou. Faites ressortir l'obturateur par le manchon de cou afin de pouvoir raccorder le flexible d'inflation. Assurez-vous que l'ensemble est parfaitement étanche, gonflez la combinaison et recherchez les fuites en procédant comme décrit précédemment.

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Les obturateurs pour le manchon de cou peuvent être fabriqués à partir d'un contenant alimentaire de 16 oz (photo du haut) ou d'un raccord femelle de bouchon de visite en PVC de 4 po muni de son bouchon (photo du bas). © Rich Silbiger

Valves (ou soupapes)

Si vous constatez des fuites au niveau de la soupape d'inflation, de la soupape de purge ou de la P-valve, commencez par vérifier qu'elles sont correctement serrées. Si votre bras supérieur gauche est mouillé, la fuite provient probablement de la soupape de purge. Si c'est la poitrine qui est humide, la soupape d'inflation est plus probablement en cause. Il est recommandé de vérifier le serrage des soupapes avant chaque plongée. Les méthodes de serrage varient selon les fabricants; assurez-vous donc d'utiliser la procédure appropriée.

Les soupapes nécessitent un entretien régulier. Les soupapes d'inflation sont équipées de joints toriques qui doivent être remplacés périodiquement. Des joints usés peuvent laisser pénétrer de l'eau dans la combinaison ou provoquer un débit continu d'air (free-flow), tandis que des débris peuvent empêcher le bon fonctionnement de la soupape. Raccordez la soupape à un flexible basse pression, ouvrez l'alimentation en air, puis immergez-la dans l'eau ou pulvérisez une solution détergente diluée à raison d'un volume de détergent pour 100 volumes d'eau. Recherchez la présence de bulles, sans toutefois appuyer sur le bouton de gonflage lorsque la soupape est immergée.

Si des bulles apparaissent, cela peut indiquer la présence de débris dans la soupape. Débranchez-la alors du flexible, faites-la tremper dans une solution détergente tiède et actionnez le bouton à plusieurs reprises pendant qu'elle est immergée. Appuyez ensuite sur le bouton tout en rinçant abondamment à l'eau douce. Rebranchez la soupape à un flexible basse pression et faites circuler de l'air jusqu'à ce qu'elle soit complètement sèche. Une fois cette opération terminée, immergez-la de nouveau afin de vérifier si des bulles apparaissent encore. Si c'est le cas, la soupape devra être entretenue par un technicien qualifié ou remplacée.

Une défaillance de la soupape de purge est souvent causée par la présence de débris. Faites-la tremper dans une solution détergente tiède, réglez-la sur la position offrant la purge la plus facile, puis faites circuler de l'eau à travers la soupape tout en actionnant le bouton de purge. Certains modèles comportent également un filtre qu'il convient de rincer afin d'éliminer les débris. Il est aussi possible de tester la soupape dans une chambre de mise sous pression. Si des bulles apparaissent, un entretien par un technicien qualifié ou le remplacement de la soupape sera nécessaire.

Pour vérifier la pression d'ouverture d'une soupape de purge (cracking pressure), fabriquez un adaptateur simple permettant de raccorder un manomètre. Les valeurs devraient être comprises entre 0,4 millibar (0,006 psi) lorsque la soupape est complètement ouverte et 25 millibars (0,36 psi) lorsqu'elle est complètement fermée. 

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Chambre de mise sous pression pour tester une soupape de purge, comprenant un joint d'étanchéité, un bouchon de test de 4 po (10 cm), un joint torique, une rondelle et un adaptateur femelle. © Rich Silbiger

Les P-valves peuvent également être à l'origine de fuites. Commencez par vous demander si l'humidité provient d'une infiltration d'eau ou simplement d'urine. S'il s'agit d'eau, un raccord traversant mal serré (bulkhead) peut en être la cause. S'il s'agit d'urine, le problème peut provenir d'un cathéter mal installé ou d'une soupape défectueuse. Un entretien adéquat permet généralement d'éviter ce dernier problème. Des fissures dans les tuyaux ou les raccords, ainsi qu'une soupape de la chambre d'équilibrage défectueuse, peuvent également être responsables de fuites.

Si vous soupçonnez une fuite au niveau de la P-valve, effectuez un test de mise sous pression en obturant la sortie de la soupape tout en appliquant une pression positive (à la bouche ou à l'aide d'une seringue) par l'adaptateur du cathéter. Pulvérisez ensuite la solution détergente sur la soupape, les tuyaux et les raccords, ou immergez-les dans l'eau, puis recherchez la présence de bulles. Corrigez le problème en nettoyant, en réétanchéifiant ou en remplaçant le composant défectueux. Des trousses de réparation sont parfois offertes par le fabricant.

Pour vérifier l'intégrité de la valve champignon de sortie, laissez cette sortie ouverte, puis bouchez la soupape d'équilibrage avec le pouce. Si de l'air est aspiré lorsque vous appliquez une pression négative par l'adaptateur du cathéter, la valve devra être nettoyée ou remplacée.

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Pour mesurer la pression d'ouverture d'une soupape de purge, fabriquez un adaptateur simple permettant de raccorder un manomètre. Sur la photo, de gauche à droite : un adaptateur Apeks réalisé à l'aide d'un manchon flexible de 1,5 po (3,8 cm) et un adaptateur SI Tech fabriqué avec un tube en vinyle transparent d'un diamètre intérieur de 1 po (2,5 cm). © Rich Silbiger

Joints d'étanchéité

Les joints d'étanchéité sont souvent les premiers responsables lorsque vous retrouvez de l'eau dans votre combinaison. Les joints en latex et en néoprène se détériorent avec le temps et perdent leur élasticité. L'oxygène, les rayons ultraviolets (UV), l'ozone et les huiles accélèrent leur dégradation. Lorsqu'un joint est collé directement sur la combinaison, il doit être retiré puis remplacé. Les joints en silicone résistent mieux aux UV, à l'ozone et aux produits chimiques. Ils sont également plus faciles à installer et assurent une excellente étanchéité, mais ils se déchirent plus facilement que les joints en latex et sont généralement plus coûteux.

Les systèmes modulaires de remplacement rapide permettent de retirer et de remplacer un joint en quelques minutes, même sur le terrain. La plupart des combinaisons peuvent être équipées de ce type de système. En remplaçant vous-même les joints, vous amortirez rapidement le coût de cette installation.

Un moyen simple de vérifier sur le terrain si un joint présente un trou ou une déchirure consiste à obturer son ouverture — en la pinçant, en utilisant du ruban adhésif ou un bouchon adapté — puis à le remplir d'eau afin de repérer d'éventuelles fuites. Vous pouvez également torsader un manchon afin de créer une légère surpression à l'intérieur du joint, puis appliquer une solution détergente diluée ou immerger le joint dans l'eau pour rechercher la présence de bulles. Cette méthode fonctionne également pour détecter des fuites au niveau des manches et des jambes de la combinaison.

Les joints en latex peuvent être réparés sur le terrain à l'aide de chutes de latex et d'une colle adaptée. En cas d'urgence, du ruban adhésif en toile (duct tape) peut même constituer une solution temporaire. Les joints en néoprène se réparent avec une colle pour néoprène, mais il n'existe aucun produit permettant de réparer efficacement les joints en silicone. 

L'Aquaseal est un produit d'étanchéité à base d'uréthane conçu pour réparer les perforations des combinaisons et les fuites au niveau des coutures. Il est souple, mais non élastique, ce qui le rend inadapté à la réparation des joints qui doivent pouvoir s'étirer. Pour un résultat plus discret, il est préférable d'effectuer les réparations à l'intérieur de la combinaison plutôt qu'à l'extérieur. Vous trouverez également de nombreuses ressources en ligne expliquant en détail la réparation des combinaisons et le remplacement des joints.

Gants

Pour vérifier l'étanchéité des gants, retirez-les de la combinaison, remplissez-les d'eau et recherchez d'éventuelles fuites. Vous pouvez également obturer l'ouverture, puis l'enrouler afin de créer une légère surpression avant de pulvériser une solution détergente ou d'immerger le gant dans l'eau pour détecter la formation de bulles. Il existe des dispositifs commerciaux permettant de tester les gants, mais il est également possible d'en fabriquer un soi-même.

Pour réparer des gants, marquez les zones endommagées puis retournez-les. Si vous les avez testés avec de l'eau, laissez-les sécher complètement. Appliquez de l'Aquaseal sur les endroits présentant des fuites et laissez le produit durcir. Répétez ensuite l'opération sur la face extérieure avant d'effectuer un nouveau test de mise sous pression.

Testing helps confirm that glove systems work correctly.
Les tests permettent de vérifier le bon fonctionnement des systèmes de gants étanches. De gauche à droite : un gonfleur de gants Honeywell Salisbury G99, un adaptateur G100A modifié pour tester des gants étanches et un testeur fabriqué maison à partir d'un raccord de réparation, d'un bouchon et d'une valve. © Rich Silbiger

Bonnes pratiques

Un entretien régulier peut prolonger de plusieurs années la durée de vie d'une combinaison étanche. Il est notamment essentiel de lubrifier la fermeture étanche après les plongées : utilisez de la cire pour les fermetures en métal et de la graisse au silicone pour les fermetures en plastique. Si des fils apparaissent sur une fermeture métallique, coupez-les soigneusement puis faites-les fondre délicatement à l'aide d'un fer à souder afin de préserver l'étanchéité. Nettoyez également la fermeture et ses dents de temps à autre avec un détergent doux et une brosse souple. 

Lavez les joints en latex avec un détergent, puis appliquez un produit protecteur. Nettoyez l'extérieur de la combinaison afin d'éliminer le sel et les saletés, ainsi que l'intérieur pour prévenir les mauvaises odeurs. Enfin, rincez les P-valves afin de les désinfecter et d'éviter la cristallisation de l'urée ainsi que la prolifération bactérienne, qui peuvent nuire à leur fonctionnement ou provoquer des infections.

Nothing makes a drysuit diver happier than finishing a good dive warm and dry.
Rien ne satisfait davantage un plongeur en combinaison étanche que de terminer une belle plongée au chaud… et parfaitement au sec. © Becky Kagan Schott

© Alert Diver – Q2 2026